Lors de la vente d’un appartement ou d’une maison située en copropriété, l’état daté est un document incontournable. Établi par le syndic, il permet de déterminer avec précision la situation financière du lot vendu vis-à-vis du syndicat des copropriétaires. Charges impayées, appels de fonds, avances, travaux votés ou sommes restant dues : ces informations sont essentielles pour répartir les dépenses entre le vendeur et l’acquéreur au moment de la signature de l’acte authentique.
Souvent confondu avec le pré-état daté, l’état daté intervient à une étape plus avancée de la transaction immobilière. Son coût est encadré par la loi, mais son obtention doit être anticipée afin d’éviter tout retard chez le notaire. Pour vendre dans de bonnes conditions, il est utile de comprendre son contenu, son prix, son délai de délivrance et les vérifications à effectuer avant la signature. Roche Immo vous explique les règles applicables et les bons réflexes à adopter.
Qu’est-ce qu’un état daté en copropriété ?

L’état daté est un document comptable transmis par le syndic de copropriété au notaire chargé de la vente. Prévu par l’article 5 du décret du 17 mars 1967, il récapitule les sommes susceptibles d’être dues au syndicat des copropriétaires par le vendeur, ainsi que les montants qui pourraient être appelés auprès de l’acquéreur après la vente.
Son objectif est simple : permettre au notaire d’établir un décompte financier fiable entre les parties. Grâce à ce document, il peut retenir certaines sommes sur le prix de vente si le vendeur présente des impayés, puis les reverser au syndicat de copropriétaires. L’acquéreur sait également quels travaux, charges ou appels de fonds peuvent lui incomber une fois devenu propriétaire.
Un document distinct du pré-état daté
Le pré-état daté est généralement demandé avant la signature du compromis ou de la promesse de vente. Il rassemble une partie des informations financières exigées dans le dossier de vente, notamment les charges courantes, les travaux votés et la situation du fonds de travaux. Il peut être préparé par le vendeur à partir des documents dont il dispose ou demandé au syndic, parfois contre facturation.
L’état daté, lui, est demandé par le notaire avant la signature de l’acte définitif. Il est plus formel, plus complet et actualisé à la date de la vente. Il ne peut être établi que par le syndic en exercice. Un pré-état daté ne remplace donc jamais un état daté.
Dans quelles ventes est-il obligatoire ?
L’état daté est obligatoire lors de la cession d’un lot de copropriété : appartement, cave, parking, box ou local commercial soumis au statut de la copropriété. Il est habituellement requis pour une vente classique, mais aussi dans de nombreux cas de mutation, selon la nature de l’opération et les demandes du notaire.
- Vente d’un appartement avec ses annexes en copropriété ;
- Vente d’un parking ou d’un garage constituant un lot indépendant ;
- Vente d’un local professionnel ou commercial dans un immeuble en copropriété ;
- Cession d’un lot lorsque des charges ou travaux doivent être répartis entre les parties.
Le document est particulièrement important lorsque la copropriété connaît des difficultés financières, des travaux importants ou des retards de paiement. Dans ces situations, une information exacte protège à la fois le vendeur, l’acquéreur, le syndic et le notaire.
Quel est le contenu de l’état daté ?
L’état daté présente une photographie financière du lot à la date de son établissement. Il est organisé en plusieurs parties afin d’identifier séparément ce que le vendeur doit, ce que l’acquéreur devra éventuellement payer et les éléments disponibles au crédit du vendeur.
Les sommes dues par le vendeur
La première partie indique les créances du syndicat des copropriétaires à l’encontre du vendeur. Il peut s’agir de charges courantes impayées, de provisions exigibles, d’avances de trésorerie, de cotisations au fonds de travaux ou de frais engagés dans le cadre d’une procédure de recouvrement.
Par exemple, si un copropriétaire n’a pas réglé 850 euros de charges trimestrielles et qu’un appel de fonds de 1 200 euros est devenu exigible avant la vente, l’état daté fera apparaître ces montants. Le notaire pourra alors les prélever sur le prix de vente, sous réserve des vérifications nécessaires, afin d’apurer la dette envers la copropriété.
Les appels de fonds et travaux à venir
La deuxième partie concerne les sommes qui ne sont pas encore exigibles à la date de la vente, mais dont le principe a été décidé. Elle informe notamment l’acquéreur de l’existence de travaux votés en assemblée générale, comme un ravalement de façade, une réfection de toiture, l’installation d’un ascenseur ou une rénovation énergétique.
La règle de répartition est en principe la suivante : celui qui est copropriétaire à la date d’exigibilité de l’appel de fonds paie la somme demandée. Ainsi, si des travaux de 10 000 euros pour le lot ont été votés avant la vente, mais qu’un appel de fonds de 2 500 euros intervient après la signature, l’acquéreur devra normalement le régler. Les parties peuvent toutefois prévoir une répartition différente dans le compromis ou l’acte de vente. Cette convention ne s’impose pas au syndic, qui réclamera la somme au copropriétaire en place à la date d’exigibilité.
Les sommes créditrices et informations complémentaires
La dernière partie indique les sommes pouvant revenir au vendeur, par exemple une avance de trésorerie versée au syndicat ou certaines provisions. L’état daté mentionne également des informations utiles sur la situation de la copropriété : état des procédures engagées, emprunt collectif éventuel, montant du fonds de travaux attaché au lot ou encore existence de charges particulières.
- Les charges courantes exigibles et éventuellement impayées ;
- Les provisions sur budget prévisionnel ;
- Les appels de fonds liés aux travaux votés ;
- Les avances de trésorerie et sommes disponibles au crédit du vendeur ;
- Les dettes, procédures et frais de recouvrement éventuels ;
- Les informations sur un emprunt collectif souscrit par le syndicat.
Le notaire utilise ces données pour sécuriser la vente. L’acquéreur doit aussi les lire avec attention, car elles donnent une indication concrète sur la santé financière de la copropriété et les dépenses prévisibles à court terme.
Quel est le coût d’un état daté ?

Le prix de l’état daté est plafonné par la réglementation. Depuis le 1er juin 2020, les honoraires facturés par le syndic pour établir ce document ne peuvent pas dépasser 380 euros TTC. Ce plafond s’applique quelle que soit la taille du lot, la localisation du bien ou la complexité apparente du dossier.
En pratique, de nombreux syndics facturent un montant compris entre 200 et 380 euros TTC. Le coût est normalement supporté par le vendeur, puisqu’il s’agit d’une formalité nécessaire à la cession de son lot. Il apparaît le plus souvent dans le décompte notarial établi avant la signature de l’acte authentique.
État daté, pré-état daté et certificat de l’article 20
Il est important de ne pas confondre les documents demandés au cours d’une vente. Certains syndics proposent des prestations annexes, notamment pour constituer le dossier transmis au compromis. Ces frais doivent être distingués de ceux de l’état daté, dont le tarif est plafonné.
| Document | Moment de la vente | Émetteur | Coût habituel |
|---|---|---|---|
| Pré-état daté | Avant le compromis ou la promesse | Vendeur ou syndic | Variable selon les documents et le syndic |
| État daté | Avant l’acte authentique | Syndic uniquement | Plafonné à 380 euros TTC |
| Certificat article 20 | Juste avant la vente | Syndic | Inclus ou facturé selon le contrat et les prestations |
Que faire en cas de facturation excessive ?
Si le syndic facture plus de 380 euros TTC pour l’état daté lui-même, le vendeur peut demander une explication détaillée et contester le dépassement. Il convient de vérifier la facture, le contrat de syndic et la nature exacte des prestations ajoutées. Des frais distincts peuvent parfois correspondre à des documents complémentaires, mais ils ne doivent pas masquer un dépassement du plafond légal.
Le premier réflexe consiste à adresser une demande écrite au syndic. En l’absence de réponse satisfaisante, le vendeur peut solliciter l’aide du conseil syndical, du notaire ou d’une association de consommateurs. Anticiper cette question évite qu’un désaccord administratif ne perturbe la signature.
Quel délai pour obtenir un état daté ?
La loi ne fixe pas de délai légal unique et impératif pour la délivrance de l’état daté par le syndic. Pourtant, le document doit être disponible suffisamment tôt pour permettre au notaire de finaliser ses contrôles et de préparer l’acte de vente. Dans une copropriété bien administrée, le délai observé est souvent compris entre quelques jours et deux semaines.
Ce délai peut toutefois s’allonger en période de forte activité, notamment au printemps, avant l’été ou en fin d’année. Il dépend aussi de la réactivité du cabinet de syndic, de la qualité de la comptabilité, de l’existence d’impayés ou de travaux récents, et du nombre de lots concernés par la vente.
Quand le notaire doit-il le demander ?
Le notaire demande généralement l’état daté après la levée des principales conditions suspensives, lorsque la date de signature de l’acte authentique se précise. Il est prudent de lancer la demande au moins trois à quatre semaines avant le rendez-vous prévu. Cette marge permet de gérer un éventuel retard, de contrôler les montants et de demander une actualisation si la vente est reportée.
Un état daté établi trop tôt peut en effet devenir obsolète. Entre sa date d’émission et la signature, un nouvel appel de charges peut devenir exigible, un règlement peut être enregistré ou une assemblée générale peut voter des travaux. Le notaire peut alors demander un document mis à jour.
Comment éviter un report de signature ?
Pour limiter le risque de retard, le vendeur doit communiquer au plus tôt les coordonnées exactes du syndic, les références du lot, les derniers appels de charges et les procès-verbaux d’assemblées générales. Il est également conseillé de prévenir le syndic dès la signature du compromis, même si la demande officielle vient ensuite du notaire.
Dans les copropriétés avec un syndic bénévole, le délai mérite une vigilance accrue. Le bénévole doit réunir les éléments comptables et produire un document fiable, ce qui peut nécessiter davantage de temps. Une bonne coordination entre vendeur, agence immobilière, notaire et syndic reste la meilleure solution.
Comment demander l’état daté au syndic ?

Dans la majorité des transactions, le notaire se charge de solliciter directement le syndic. Cette méthode est préférable, car le professionnel indique les références du dossier, la date envisagée de signature et les coordonnées des parties. Le syndic peut ainsi transmettre l’état daté dans un format exploitable pour la comptabilité notariale.
Les informations à transmettre
Pour que la demande soit traitée rapidement, le dossier doit être complet. Une erreur sur l’identité du vendeur, le numéro de lot ou l’adresse de l’immeuble peut entraîner des échanges supplémentaires et ralentir la délivrance.
- Les noms, prénoms et coordonnées du ou des vendeurs ;
- L’adresse complète de l’immeuble et le numéro des lots vendus ;
- Les références du copropriétaire dans les fichiers du syndic ;
- Les coordonnées de l’étude notariale ;
- La date prévisionnelle de l’acte authentique ;
- Les coordonnées de l’acquéreur lorsque le syndic les demande.
Vérifier les montants avant la signature
Le vendeur a intérêt à demander une copie de l’état daté ou à consulter le décompte préparé par le notaire. Il peut alors vérifier que les paiements récents ont bien été enregistrés, que les appels de fonds sont correctement ventilés et qu’aucune pénalité injustifiée n’est ajoutée.
En cas d’erreur, il faut réagir immédiatement auprès du syndic et transmettre les justificatifs utiles : preuve de virement, quittance, courrier antérieur ou relevé de compte. Un montant inexact peut être rectifié avant la vente. Attendre le rendez-vous de signature est rarement une bonne stratégie, car le notaire devra parfois reporter l’acte pour sécuriser les fonds.
Quels points contrôler avant de signer l’acte de vente ?
L’état daté ne doit pas être considéré comme une simple formalité administrative. Il contient des données qui peuvent avoir un impact financier significatif. Le vendeur doit notamment vérifier que ses charges sont à jour et comprendre les sommes prélevées sur le prix de vente. L’acquéreur, de son côté, doit apprécier les dépenses qu’il pourrait devoir assumer après son entrée dans les lieux.
Les travaux votés et les appels de fonds
Un ravalement, une isolation par l’extérieur ou une rénovation de chaudière collective peuvent représenter plusieurs milliers d’euros par lot. L’acquéreur doit consulter les procès-verbaux d’assemblées générales et comparer les décisions votées avec les informations de l’état daté. Cette analyse est indispensable pour éviter une mauvaise surprise après l’achat.
Si vendeur et acquéreur négocient une prise en charge différente de la règle légale, l’accord doit être clairement écrit dans l’avant-contrat puis repris dans l’acte. Par exemple, un vendeur peut accepter de supporter les appels futurs relatifs à des travaux déjà votés pour faciliter la vente. Le notaire prévoira alors les modalités financières appropriées entre les parties.
Les impayés et la santé financière de la copropriété
Des impayés élevés dans une copropriété peuvent fragiliser sa trésorerie et conduire à des appels de fonds exceptionnels. L’état daté apporte des indications, mais l’acquéreur doit aussi analyser les annexes comptables, les derniers procès-verbaux d’assemblée générale et le montant des charges courantes.
Une copropriété qui multiplie les procédures de recouvrement, reporte des travaux urgents ou présente un budget déséquilibré mérite une attention renforcée. L’acquéreur peut demander des explications au vendeur, au syndic ou au notaire. Pour un projet immobilier serein, l’état général de l’immeuble et la gestion collective comptent autant que les caractéristiques du logement.
Conclusion : anticiper l’état daté pour sécuriser sa vente
L’état daté est une pièce centrale de toute vente en copropriété. En présentant les charges exigibles, les dettes éventuelles, les avances et les travaux votés, il permet au notaire de répartir correctement les sommes entre vendeur et acquéreur. Son coût est plafonné à 380 euros TTC, mais son délai de délivrance varie selon le syndic et la complexité de la situation comptable.
La meilleure approche consiste à anticiper la demande dès que le projet de vente se concrétise, à rassembler les documents de copropriété et à vérifier soigneusement les montants communiqués. Vendeur comme acquéreur ont intérêt à lire ce document avec attention, notamment lorsqu’un programme de travaux est en cours ou que la copropriété présente des fragilités financières. Avec l’accompagnement d’un professionnel de l’immobilier et du notaire, cette étape devient plus simple et contribue à une signature sans mauvaise surprise.
- L’état daté est établi exclusivement par le syndic avant l’acte authentique afin d’informer le notaire sur la situation financière du lot vendu.
- Son prix est plafonné à 380 euros TTC et il est généralement payé par le vendeur dans le cadre du décompte de vente.
- Il faut demander le document plusieurs semaines avant la signature et contrôler les charges, impayés et travaux votés avant de signer.
