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juillet 25, 2026

État des lieux d’entrée et de sortie : modèle et litiges

L’état des lieux d’entrée et de sortie est une étape incontournable dans la gestion locative, aussi bien pour les propriétaires que pour les locataires. Ce document officiel, réalisé lors de la remise des clés à l’entrée et à la sortie d’un logement, protège les droits de chaque partie en dressant un constat précis de l’état

État des lieux d’entrée et de sortie : modèle et litiges

L’état des lieux d’entrée et de sortie est une étape incontournable dans la gestion locative, aussi bien pour les propriétaires que pour les locataires. Ce document officiel, réalisé lors de la remise des clés à l’entrée et à la sortie d’un logement, protège les droits de chaque partie en dressant un constat précis de l’état du bien. Un état des lieux bien rédigé permet d’éviter de nombreux conflits liés à la restitution du dépôt de garantie ou à la facturation de réparations. Dans cet article exhaustif, nous vous guidons à travers les aspects essentiels de l’état des lieux, du modèle à utiliser aux démarches en cas de litige, en passant par les obligations légales et les conseils pratiques pour une procédure sans accroc.

Que vous soyez bailleur, locataire, agent immobilier ou simplement curieux, découvrez tout ce qu’il faut savoir sur l’état des lieux d’entrée et de sortie, les modèles disponibles, la législation en vigueur, la gestion des désaccords, ainsi que des exemples concrets et des outils pratiques pour sécuriser votre location immobilière.

L’essentiel à savoir sur l’état des lieux

Définition et objectif de l’état des lieux

Un état des lieux est un document écrit établi contradictoirement entre le propriétaire (ou son mandataire) et le locataire, lors de la remise des clés à l’entrée dans le logement et lors de la sortie. Ce document décrit avec précision l’état de chaque pièce, des équipements et des installations. Il permet de comparer l’état du logement au début et à la fin de la location, et sert de référence en cas de litige concernant la restitution du dépôt de garantie ou la réalisation de travaux de remise en état.

Les types d’état des lieux

  • État des lieux d’entrée : Réalisé avant l’emménagement du locataire, il décrit l’état initial du logement.
  • État des lieux de sortie : Établi à la restitution des clés, il permet de constater les éventuelles dégradations ou améliorations intervenues pendant la location.
  • État des lieux intermédiaire : Moins courant, il peut être effectué à la demande d’une des parties, par exemple lors de travaux importants.

Pourquoi l’état des lieux est-il obligatoire ?

L’état des lieux est exigé par la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 pour tout contrat de bail d’habitation à usage de résidence principale. Son absence ou sa réalisation incomplète peut avoir des conséquences juridiques importantes, notamment en cas de litige sur la restitution du dépôt de garantie. En l’absence d’état des lieux, la présomption de bon état s’applique, ce qui peut être préjudiciable au bailleur ou au locataire selon la situation.

  • Pour le bailleur : Il protège contre les dégradations imputables au locataire et facilite la facturation éventuelle de réparations.
  • Pour le locataire : Il évite d’être tenu responsable d’usures ou de dégradations préexistantes à son entrée dans les lieux.

Modèle d’état des lieux d’entrée et de sortie : guide pratique

Les mentions obligatoires

La loi ALUR impose des mentions précises devant figurer dans tout état des lieux, que celui-ci soit établi sur papier ou en version numérique. Voici les informations incontournables :

  • Date de réalisation de l’état des lieux
  • Adresse du logement
  • Nom ou dénomination des parties (bailleur, locataire) et, le cas échéant, des personnes mandatées pour réaliser l’état des lieux
  • Relevés des compteurs individuels (eau, gaz, électricité)
  • Détail et description de chaque pièce et de ses équipements (murs, sols, plafonds, portes, fenêtres, chauffage, sanitaires, etc.)
  • Signature des deux parties (ou de leurs représentants)
  • Pour l’état des lieux de sortie : nouvelle adresse du locataire

Modèle téléchargeable d’état des lieux

Pour vous aider, voici un exemple de structure de tableau à utiliser pour votre état des lieux :

Pièce/ÉquipementÉtat à l’entréeÉtat à la sortieObservations
SalonBon état général, murs propresTraces sur un murPeinture à rafraîchir
CuisineÉvier neuf, hotte fonctionnelleÉvier rayéUsure normale
Chambre 1Sol parquet sans rayuresParquet rayéDégradation constatée
Salle de bainDouche propre, carrelage okCarrelage fenduÀ réparer

Il existe de nombreux modèles gratuits à télécharger au format PDF ou Word sur internet et via les sites institutionnels (service-public.fr, ADIL, etc.). Veillez à choisir un modèle à jour des exigences légales et adaptable à votre logement (nombre de pièces, équipements, etc.).

Conseils pour un état des lieux précis et incontestable

  • Procédez pièce par pièce et mentionnez tous les détails (état des murs, fenêtres, sols, plafonds, équipements…)
  • N’omettez pas les éléments extérieurs (balcon, cave, garage, jardin…)
  • Ajoutez des photos datées et signées en annexe pour appuyer les constatations écrites
  • Indiquez les relevés de compteurs au moment de l’entrée et de la sortie
  • Utilisez des termes objectifs et évitez les jugements de valeur

Comment faire un état des lieux ? Conseils pratiques

État des lieux d'entrée et de sortie : modèle et litiges - Comment faire un état des lieux ? Conseils pratiques

Organisation et préparation

Un état des lieux réussi commence par une bonne préparation. Voici les étapes recommandées :

  • Prévenez l’autre partie suffisamment à l’avance pour convenir d’une date et d’un horaire
  • Prévoyez au moins 1 à 2 heures pour un logement de taille standard (T2/T3)
  • Munissez-vous du bail, du modèle d’état des lieux, d’un appareil photo et d’un stylo
  • Assurez-vous que le logement est vide et propre pour faciliter le contrôle
  • Rassemblez les documents nécessaires (relevés de compteurs, notices d’équipements…)

Déroulement étape par étape

  1. Accueil et vérification d’identité : Le bailleur et le locataire (ou leurs mandataires) se présentent et confirment leur identité.
  2. Lecture du bail : Un rappel du contenu du bail permet de clarifier les obligations de chacun.
  3. Inspection minutieuse : Pièce par pièce, chaque élément est examiné et décrit. Notez tout défaut, usure ou dysfonctionnement.
  4. Prises de photos : Photographiez les zones litigieuses ou les équipements spécifiques.
  5. Relevé des compteurs : Notez les chiffres exacts pour l’eau, le gaz et l’électricité.
  6. Signature : Les deux parties signent chaque page du document. En cas de désaccord, mentionnez-le dans une réserve.

Points de vigilance

  • Vérifiez l’état des installations électriques et de plomberie
  • Contrôlez la présence et l’état des détecteurs de fumée
  • Soyez attentif aux traces d’humidité ou de moisissure
  • Notez les marques d’usure normale distinctes des dégradations
  • En cas de location meublée, faites l’inventaire complet du mobilier

Ce que dit la loi ALUR sur l’état des lieux

Obligations légales du bailleur et du locataire

La loi ALUR (Accès au Logement et Urbanisme Rénové) du 24 mars 2014 a renforcé les obligations relatives à l’état des lieux. Elle impose :

  • Un état des lieux contradictoire, c’est-à-dire signé par les deux parties
  • Un document détaillé et conforme à un modèle type (arrêté du 30 mars 2016)
  • L’ajout de photos ou d’annexes si nécessaire
  • L’absence de frais pour le locataire lors de l’état des lieux de sortie (sauf s’il a sollicité un professionnel à son initiative exclusive)
  • La possibilité pour le locataire de demander une modification de l’état des lieux d’entrée pendant les 10 jours suivant sa réalisation (1 mois pour le chauffage)

Usure normale ou dégradation : la distinction clé

La loi distingue l’usure normale (ou vétusté) des dégradations imputables au locataire. Seules ces dernières peuvent justifier une retenue sur le dépôt de garantie. La vétusté correspond à l’altération due au temps et à l’usage normal du logement. De nombreux organismes proposent des grilles de vétusté pour évaluer la durée de vie des équipements.

Type d’altérationConséquence juridique
Usure normale (vétusté)À la charge du bailleur
Dégradation imputable au locataireÀ la charge du locataire
Amélioration (travaux, embellissement)Généralement à la charge du locataire, sauf accord écrit du bailleur

Sanctions en cas de non-respect

En cas d’absence d’état des lieux ou de non-respect des obligations, la partie lésée peut saisir la commission départementale de conciliation ou le tribunal d’instance. Si l’état des lieux de sortie n’est pas établi, le locataire est présumé avoir rendu le logement en bon état, sauf preuve contraire apportée par le bailleur.

État des lieux par un huissier : déroulement et tarifs

Quand faire appel à un huissier ?

En cas de désaccord persistant entre le bailleur et le locataire lors de l’état des lieux, il est possible de faire appel à un huissier de justice. Cette démarche peut être initiée à la demande d’une seule des parties ou conjointement. L’huissier intervient également en cas de refus de l’une des parties de signer le document ou de se présenter au rendez-vous.

Déroulement de la procédure

  • L’huissier convoque les deux parties par lettre recommandée au moins 7 jours à l’avance
  • Il réalise l’état des lieux de façon impartiale, en dressant un constat précis et détaillé
  • Le procès-verbal établi par l’huissier a une valeur probante supérieure à un simple état des lieux amiable
  • Les deux parties reçoivent un exemplaire du constat

Tarifs de l’état des lieux par huissier

Les frais d’état des lieux réalisés par un huissier sont strictement encadrés par la loi. Ils sont partagés à parts égales entre bailleur et locataire (article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989). Voici un tableau des tarifs applicables au 1er janvier 2024 :

Surface du logementTarif TTC (hors frais de déplacement)
Jusqu’à 50 m²121,56 €
De 51 à 150 m²141,94 €
Plus de 150 m²182,52 €

Des frais de déplacement peuvent s’ajouter selon la distance parcourue par l’huissier. Ces tarifs sont révisés régulièrement et consultables sur le site officiel des huissiers de justice.

Litiges fréquents liés à l’état des lieux et solutions

Principaux motifs de litige

  • Dépôt de garantie non restitué ou partiellement retenu : Le bailleur estime que des dégradations justifient une retenue, le locataire conteste.
  • Désaccord sur la vétusté ou l’usure normale : Les parties ne s’accordent pas sur l’origine des dégradations (usage normal ou faute du locataire).
  • État des lieux incomplet ou imprécis : Absence de description détaillée, informations manquantes, absence de photos ou de signatures.
  • Refus de signer l’état des lieux : L’une des parties refuse de signer ou d’assister à l’état des lieux.

Procédure amiable

Avant toute procédure judiciaire, il est recommandé de tenter une résolution amiable :

  • Échangez par écrit (courrier recommandé avec accusé de réception) vos arguments et preuves (photos, grilles de vétusté, devis de réparation…)
  • Consultez la commission départementale de conciliation (CDC) compétente
  • Faites-vous accompagner par une association de locataires ou de propriétaires (ADIL, CLCV, UNPI…)

Recours judiciaires

En cas d’échec de la conciliation, chaque partie peut saisir le tribunal judiciaire du lieu de situation du logement. Les délais de prescription sont de 3 ans pour les litiges liés à la restitution du dépôt de garantie. Il est recommandé de réunir tous les éléments de preuve pour étayer sa demande.

Exemples concrets et cas pratiques

Exemple 1 : Usure normale ou dégradation ?

Un locataire occupe un appartement pendant 5 ans. À la sortie, le parquet du séjour présente des rayures profondes et la peinture du salon est défraîchie. Le bailleur souhaite retenir 500 € sur le dépôt de garantie pour la remise en état.

  • Analyse : Les rayures profondes, si elles sont liées à un usage anormal (déplacement de meubles sans protection), peuvent être imputées au locataire. En revanche, la peinture défraîchie après 5 ans relève de la vétusté.
  • Solution : Le bailleur peut justifier une retenue pour les rayures, mais pas pour la peinture. Il devra appliquer une grille de vétusté pour calculer la part restant à la charge du locataire.

Exemple 2 : Absence d’état des lieux d’entrée

Le locataire n’a pas signé d’état des lieux d’entrée. À la sortie, le bailleur constate plusieurs défauts (taches, trous dans les murs) et souhaite retenir le dépôt de garantie.

  • Conséquence : Le locataire est présumé avoir reçu le logement en bon état. Sauf preuve contraire apportée par le bailleur, aucune retenue ne peut être pratiquée.

Exemple 3 : Désaccord sur l’état des lieux de sortie

À la sortie, le locataire refuse de signer l’état des lieux, estimant que les défauts constatés étaient déjà présents à son entrée.

  • Procédure : Le bailleur peut faire appel à un huissier pour établir un constat officiel. Il doit conserver toutes les preuves (photos de l’entrée, correspondances, devis…)
  • Coût : Les frais d’huissier sont partagés entre les parties.

Conseils pour prévenir les litiges et sécuriser la location

Pour le bailleur

  • Utilisez un modèle d’état des lieux à jour et complet
  • Réalisez l’état des lieux en présence du locataire ou d’un tiers neutre
  • Ajoutez systématiquement des photos à chaque pièce et équipement
  • Conservez tous les échanges écrits avec le locataire
  • Appliquez une grille de vétusté reconnue (ex : CAF, OPAC, FNAIM…)
  • Remettez un exemplaire signé au locataire immédiatement après la réalisation

Pour le locataire

  • Vérifiez chaque détail lors de l’état des lieux d’entrée
  • Signalez par écrit toute anomalie dans les 10 jours (ou 1 mois pour le chauffage)
  • Photographiez les défauts ou zones litigieuses
  • Nettoyez et réparez le logement avant l’état des lieux de sortie pour éviter des retenues injustifiées
  • Demandez la présence d’un témoin si une tension existe avec le bailleur

Outils numériques et applications dédiées

De plus en plus de professionnels utilisent des applications mobiles pour réaliser des états des lieux digitalisés. Ces outils permettent :

  • Un remplissage automatique et sécurisé des informations
  • L’ajout facile de photos géolocalisées
  • Une signature électronique reconnue juridiquement
  • Un archivage numérique fiable et accessible à tout moment

Questions fréquentes sur l’état des lieux

Peut-on refuser de signer un état des lieux ?

Oui, mais il est préférable de mentionner expressément ses réserves sur le document. En cas de refus de l’une des parties, le recours à un huissier est possible.

Que faire si le logement est restitué sale ou dégradé ?

Le bailleur peut retenir tout ou partie du dépôt de garantie, à condition de justifier la nature et le montant des réparations par des devis ou factures. Le locataire peut contester s’il estime que les retenues ne sont pas justifiées.

Quelles sont les conséquences si aucune des deux parties ne souhaite réaliser l’état des lieux ?

En l’absence d’état des lieux, le logement est présumé avoir été remis en bon état. Cette situation est risquée pour le bailleur comme pour le locataire.

Puis-je exiger la présence d’un professionnel lors de l’état des lieux ?

Oui, chaque partie peut se faire assister par un professionnel (agent immobilier, huissier…) à ses frais, sauf convention contraire.

Combien de temps le bailleur a-t-il pour restituer le dépôt de garantie ?

Le délai est de 1 mois en l’absence de dégradations, et de 2 mois en cas de retenue justifiée par l’état des lieux de sortie.

À retenir

  • L’état des lieux protège les droits du bailleur et du locataire en cas de litige
  • Un modèle conforme et précis, enrichi de photos, limite les contestations
  • En cas de conflit, la loi prévoit des recours amiables et judiciaires

Conclusion

L’état des lieux d’entrée et de sortie est un acte essentiel dans la relation locative. Il offre une protection juridique précieuse à la fois au bailleur et au locataire, à condition d’être réalisé avec rigueur, précision et transparence. Modèle adapté, respect des obligations légales, utilisation de photos et de grilles de vétusté, recours à l’amiable ou à un huissier en cas de désaccord : autant de bonnes pratiques à adopter pour éviter des litiges parfois longs et coûteux. Les outils numériques facilitent désormais la gestion de cette formalité, mais rien ne remplace la vigilance et l’exigence de chaque partie lors de la rédaction et de la signature du document.

Que vous soyez propriétaire ou locataire, prenez le temps de bien préparer chaque état des lieux, de vous informer sur vos droits et vos obligations, et d’utiliser tous les moyens à votre disposition pour sécuriser votre location. Un état des lieux bien mené, c’est la garantie d’une expérience locative sereine et équitable pour tous.

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