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septembre 1, 2026

Majorités en AG : articles 24, 25 et 26 simplifiés

Les règles de majorité en assemblée générale de copropriété paraissent souvent complexes, alors qu’elles déterminent directement l’adoption ou le rejet des résolutions soumises au vote. Entre la majorité simple de l’article 24, la majorité absolue de l’article 25 et la double majorité de l’article 26 de la loi du 10 juillet 1965, il est essentiel

Majorités en AG : articles 24, 25 et 26 simplifiés

Les règles de majorité en assemblée générale de copropriété paraissent souvent complexes, alors qu’elles déterminent directement l’adoption ou le rejet des résolutions soumises au vote. Entre la majorité simple de l’article 24, la majorité absolue de l’article 25 et la double majorité de l’article 26 de la loi du 10 juillet 1965, il est essentiel de savoir quelle règle s’applique avant de voter, de rédiger une résolution ou de contester une décision. Une erreur de majorité peut en effet fragiliser juridiquement une délibération, retarder un projet de travaux ou générer des tensions inutiles entre copropriétaires.

Ce guide simplifie le fonctionnement des articles 24, 25 et 26, avec des exemples chiffrés, des cas concrets et des conseils de préparation. Que vous soyez copropriétaire, membre du conseil syndical ou syndic, comprendre la différence entre les voix des présents, les tantièmes de tous les copropriétaires et la majorité des membres vous aidera à participer plus efficacement aux décisions de votre immeuble. Les règles présentées ci-dessous concernent le droit français de la copropriété, sous réserve des particularités éventuelles du règlement de copropriété et de l’évolution de la réglementation.

Comprendre les majorités en assemblée générale de copropriété

Une assemblée générale, souvent appelée AG, réunit les copropriétaires afin de prendre les décisions relatives à l’administration, à l’entretien, aux travaux et à la vie collective de l’immeuble. Chaque résolution inscrite à l’ordre du jour doit être votée selon une majorité définie par la loi. Cette règle dépend de l’importance de la décision : plus celle-ci modifie durablement l’immeuble, les droits des copropriétaires ou les dépenses collectives, plus le seuil de vote requis est élevé.

Les voix correspondent aux tantièmes, pas au nombre de personnes

En copropriété, le principe est simple : chaque copropriétaire dispose d’un nombre de voix correspondant à sa quote-part dans les parties communes, généralement exprimée en tantièmes ou millièmes. Un propriétaire de plusieurs lots peut donc disposer de davantage de voix qu’un copropriétaire ne possédant qu’un studio. Ainsi, une copropriété de 1 000 tantièmes ne compte pas nécessairement 1 000 votes individuels : elle compte 1 000 voix réparties entre les copropriétaires.

Il existe toutefois un mécanisme de plafonnement. Lorsqu’un copropriétaire détient une quote-part supérieure à la moitié des voix de tous les copropriétaires, son nombre de voix est réduit à la somme des voix des autres copropriétaires. Cette règle évite qu’un propriétaire majoritaire puisse imposer seul toutes les décisions. Avant une AG, le syndic doit donc vérifier la répartition réelle des voix figurant dans la feuille de présence.

Présents, représentés et absents : une distinction déterminante

Le résultat d’un vote varie selon le type de majorité applicable. Les copropriétaires présents physiquement, représentés par un mandataire ou participant à distance lorsque le dispositif est prévu sont comptabilisés parmi les votants. Les absents non représentés ne pèsent pas de la même manière selon l’article concerné. C’est précisément ce qui différencie l’article 24 de l’article 25 : au premier, on examine les voix exprimées des participants ; au second, il faut atteindre un seuil calculé sur la totalité des voix de la copropriété.

  • Voix pour : tantièmes favorables à la résolution.
  • Voix contre : tantièmes opposés à la résolution.
  • Abstentions : elles ne sont pas des voix favorables ; leur effet dépend du mode de calcul retenu.
  • Absents non représentés : ils peuvent empêcher l’atteinte de la majorité absolue ou de la double majorité.

La convocation, la feuille de présence, les pouvoirs et le procès-verbal ont donc une valeur pratique et juridique majeure. Ils permettent de vérifier qui a participé au vote, le nombre de voix détenues et la majorité effectivement atteinte. En cas de doute, un copropriétaire peut demander au syndic des explications sur le calcul retenu et faire inscrire ses réserves au procès-verbal.

L’article 24 : la majorité simple pour la gestion courante

L’article 24 de la loi du 10 juillet 1965 prévoit la majorité des voix exprimées des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance. On parle couramment de majorité simple. C’est la règle la plus facile à atteindre, car elle ne tient pas compte des voix des copropriétaires absents et non représentés. Une résolution est adoptée si les voix « pour » sont supérieures aux voix « contre » parmi les suffrages pris en compte.

Quelles décisions relèvent de l’article 24 ?

L’article 24 concerne les actes d’administration et les décisions nécessaires à la gestion normale de la copropriété. Il s’applique notamment à l’approbation des comptes, au vote du budget prévisionnel, à l’élection ou au renouvellement du syndic, à la désignation des membres du conseil syndical, ou encore à l’autorisation donnée au syndic d’agir en justice dans certaines situations.

Cette majorité peut aussi concerner certains travaux d’entretien, de conservation ou de mise en conformité, ainsi que les travaux permettant l’accessibilité des personnes à mobilité réduite lorsque les conditions légales sont réunies. Il ne faut cependant pas considérer que tous les travaux relèvent automatiquement de l’article 24 : un projet coûteux, une amélioration ou une transformation importante peut nécessiter l’article 25, l’article 26, voire l’unanimité.

Exemple chiffré d’un vote à la majorité simple

Imaginons une copropriété de 1 000 tantièmes. Lors de l’AG, seuls 620 tantièmes sont présents ou représentés. Une résolution relative à l’approbation des comptes obtient 340 voix pour, 220 voix contre et 60 abstentions. Les voix favorables sont supérieures aux voix défavorables : la résolution est adoptée à l’article 24. Les 380 tantièmes des absents ne sont pas intégrés au calcul.

Dans la pratique, l’abstention doit être analysée avec attention. Elle ne constitue pas une approbation. Le syndic doit appliquer les règles de dépouillement prévues par le droit de la copropriété et les modalités du vote concerné. Pour éviter toute ambiguïté, un copropriétaire qui désapprouve une décision et souhaite éventuellement la contester doit généralement voter clairement contre plutôt que s’abstenir.

Les bonnes pratiques avant un vote à l’article 24

La simplicité de cette majorité ne dispense pas d’une préparation sérieuse. Pour le budget prévisionnel, par exemple, les copropriétaires doivent recevoir des informations lisibles sur les dépenses passées, les contrats d’entretien, les évolutions de charges et les prestations envisagées. Lorsqu’un syndic est mis en concurrence, les projets de contrat et les honoraires doivent pouvoir être comparés avant l’AG.

  • Lire l’ordre du jour et les annexes dès réception de la convocation.
  • Vérifier que les devis et contrats sont joints lorsqu’ils doivent être soumis au vote.
  • Demander des précisions au conseil syndical ou au syndic avant l’assemblée.
  • Transmettre un pouvoir précis si vous ne pouvez pas participer.
  • Utiliser le vote par correspondance lorsque cette option est proposée et adaptée à votre situation.

Un vote obtenu à l’article 24 peut engager la copropriété pour une année entière, notamment pour le budget ou le contrat de syndic. Même si le seuil est moins exigeant, la qualité de l’information et la mobilisation des copropriétaires restent essentielles.

L’article 25 : la majorité absolue expliquée simplement

L’article 25 impose la majorité des voix de tous les copropriétaires. Il s’agit de la majorité absolue. Le calcul porte donc sur l’ensemble des tantièmes composant le syndicat des copropriétaires, y compris ceux des absents non représentés. Dans une copropriété totalisant 1 000 tantièmes, une résolution soumise à l’article 25 doit en principe recueillir au moins 501 voix favorables.

Cette exigence protège les copropriétaires contre l’adoption de décisions importantes par une faible participation. Elle peut toutefois rendre certains projets difficiles à approuver lorsque l’absentéisme est élevé. C’est pourquoi la loi prévoit des mécanismes de seconde lecture, souvent appelés passerelles, qui évitent de devoir systématiquement convoquer une nouvelle assemblée générale.

Les décisions concernées par l’article 25

La majorité absolue s’applique à de nombreuses décisions structurantes pour la copropriété. Parmi les exemples fréquents figurent la désignation ou la révocation du syndic, sauf cas spécifiques relevant de l’article 24, l’autorisation de certains travaux d’amélioration, l’installation ou la modification d’équipements communs, l’autorisation donnée à un copropriétaire d’effectuer des travaux affectant les parties communes ou l’aspect extérieur de l’immeuble, et certaines délégations de pouvoir au conseil syndical.

L’autorisation de travaux privatifs est un cas concret très courant. Un copropriétaire souhaitant percer un mur porteur, installer une climatisation visible en façade, créer une ouverture, poser un conduit d’évacuation ou modifier une terrasse doit généralement obtenir l’accord préalable de l’AG. Le fait d’être propriétaire de son lot ne donne pas le droit de transformer librement les parties communes ou l’apparence de l’immeuble.

Exemple de calcul de la majorité absolue

Reprenons une copropriété de 1 000 tantièmes. Une résolution visant à autoriser l’installation d’un ascenseur est soumise à l’article 25. Lors de l’AG, 720 tantièmes sont représentés. Le projet reçoit 480 voix pour, 200 contre et 40 abstentions. Malgré un soutien majoritaire parmi les participants, la résolution n’est pas adoptée immédiatement, car elle n’atteint pas 501 voix favorables, soit la majorité de tous les copropriétaires.

Ce résultat n’est pourtant pas forcément définitif. Si la résolution a recueilli au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires, soit au moins 334 voix dans cet exemple, l’assemblée peut procéder immédiatement à un second vote selon les règles de l’article 24. Avec 480 voix favorables contre 200 défavorables, la décision pourrait alors être adoptée lors de cette seconde lecture. Cette possibilité doit être maniée avec rigueur et apparaître clairement dans le procès-verbal.

Les passerelles entre l’article 25 et l’article 24

Les passerelles de majorité ont été créées afin de limiter les blocages liés à l’absentéisme. Elles permettent, dans certaines conditions, de soumettre à un second vote une résolution qui n’a pas atteint la majorité requise lors du premier scrutin. Elles ne changent pas la nature de la décision : elles offrent seulement une méthode légale pour la faire adopter lorsque le soutien exprimé est significatif mais insuffisant au regard du seuil initial.

Le second vote immédiat lorsque le tiers des voix est atteint

Lorsqu’une résolution relevant de l’article 25 n’obtient pas la majorité absolue, mais recueille au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires, un second vote peut être organisé au cours de la même assemblée générale. Ce second vote se déroule alors à la majorité de l’article 24. Il n’est pas nécessaire de convoquer une nouvelle AG, ce qui représente un gain de temps et de coût pour le syndicat des copropriétaires.

Dans une copropriété de 900 tantièmes, la majorité absolue est fixée à 451 voix. Le tiers représente 300 voix. Si un projet reçoit 340 voix favorables lors du premier vote à l’article 25, il échoue au premier tour mais franchit le seuil du tiers. L’assemblée peut voter une seconde fois. Au second tour, seules les voix des participants sont prises en compte ; si les voix pour dépassent les voix contre, la résolution est adoptée.

La nouvelle assemblée générale en cas de soutien insuffisant

Si le projet soumis à l’article 25 obtient moins d’un tiers des voix de tous les copropriétaires, la seconde lecture immédiate n’est pas possible. Une nouvelle assemblée générale peut néanmoins être convoquée dans les conditions prévues par la loi afin de statuer selon la majorité de l’article 24. Cette solution est particulièrement utile pour les projets nécessaires mais insuffisamment préparés ou mal compris lors de la première réunion.

Avant de convoquer une seconde AG, il est judicieux d’identifier les raisons du rejet : devis trop élevé, manque d’explications techniques, répartition des charges contestée, inquiétudes sur les nuisances ou incompréhension des bénéfices attendus. Un document pédagogique, des simulations financières et une réunion d’information du conseil syndical peuvent améliorer la participation et transformer un projet contesté en décision partagée.

Une passerelle n’est pas un droit à contourner les règles

Le recours à la passerelle doit rester fidèle au projet soumis initialement. Il serait risqué de modifier substantiellement les travaux, le budget, le financement ou les conditions d’exécution entre les deux votes sans respecter les formalités appropriées. Les copropriétaires doivent savoir exactement ce qu’ils votent. Une résolution imprécise, un devis absent ou une modification non annoncée peut exposer la décision à une contestation.

Le syndic doit annoncer clairement le résultat du premier vote, vérifier le seuil atteint et consigner le second vote dans le procès-verbal. Pour les copropriétaires, la transparence est essentielle : demander le détail des tantièmes favorables, défavorables et abstentionnistes permet de contrôler que le mécanisme a été correctement appliqué.

L’article 26 : la double majorité pour les décisions majeures

L’article 26 correspond à la double majorité, aussi appelée majorité renforcée. Pour qu’une résolution soit adoptée, elle doit réunir à la fois la majorité des membres du syndicat des copropriétaires et au moins les deux tiers des voix de tous les copropriétaires. Les deux conditions sont cumulatives. Il ne suffit donc pas d’obtenir beaucoup de tantièmes : il faut également convaincre plus de la moitié des copropriétaires en nombre.

Cette règle vise les décisions ayant un impact important sur la destination de l’immeuble, son organisation ou les droits collectifs. Elle protège notamment les petits copropriétaires face à des détenteurs de nombreux tantièmes, tout en empêchant qu’une multitude de petits lots impose une décision lourde à des copropriétaires détenant l’essentiel des quotes-parts.

Comment calculer la double majorité ?

Supposons une résidence composée de 20 copropriétaires et de 1 200 tantièmes. Pour adopter une résolution à l’article 26, il faut obtenir au minimum 11 copropriétaires favorables, puisque la majorité des membres est atteinte au-delà de la moitié, et au moins 800 tantièmes favorables, correspondant aux deux tiers de 1 200. Si 12 copropriétaires votent pour mais ne représentent que 720 tantièmes, la résolution est rejetée. Si 900 tantièmes votent pour mais sont détenus par seulement 9 copropriétaires, elle est également rejetée.

Le calcul des membres peut devenir plus délicat lorsqu’une personne possède plusieurs lots, lorsqu’un lot est détenu en indivision ou lorsqu’une personne morale est copropriétaire. Le syndic doit alors apprécier correctement la qualité de copropriétaire et la représentation applicable. En cas de situation patrimoniale complexe, il est prudent de vérifier les règles avec un professionnel du droit de la copropriété.

Quels projets nécessitent généralement l’article 26 ?

L’article 26 s’applique notamment à certains actes de disposition sur les parties communes, à des modifications importantes du règlement de copropriété relatives à la jouissance, à l’usage ou à l’administration des parties communes, ainsi qu’à certaines décisions de surélévation ou de transformation de l’immeuble. Il peut également concerner des décisions relatives à la suppression du poste de concierge lorsque les conditions légales sont réunies et que le règlement ne s’y oppose pas.

Chaque projet doit être analysé précisément. Par exemple, la fermeture d’un accès commun, la cession d’une portion de cour, la transformation d’un local commun ou une modification durable des modalités de jouissance d’un espace peuvent avoir des conséquences différentes selon le règlement de copropriété et la configuration de l’immeuble. Le libellé de la résolution, l’étude des titres et l’avis du syndic ou d’un avocat spécialisé peuvent être déterminants.

La passerelle de l’article 26 vers l’article 25

Lorsque la double majorité n’est pas atteinte, une passerelle peut parfois permettre un second vote à la majorité de l’article 25. Elle est envisageable lorsque le projet a recueilli l’approbation de la majorité des membres du syndicat représentant au moins un tiers des voix de tous les copropriétaires. Là encore, les seuils doivent être contrôlés avec précision.

Cette faculté ne signifie pas que toute décision de l’article 26 peut être facilement abaissée. Certaines décisions restent soumises à des exigences particulières, et l’unanimité demeure requise dans des hypothèses limitativement prévues par la loi. La prudence est donc indispensable avant d’annoncer qu’un projet peut bénéficier d’une passerelle.

Tableau comparatif des articles 24, 25 et 26

Le tableau suivant permet de visualiser rapidement la logique des trois principales majorités en AG. Il constitue un outil pratique pour préparer un ordre du jour, vérifier un procès-verbal ou estimer les chances d’adoption d’un projet. Il ne remplace pas l’analyse de la loi, du règlement de copropriété et des circonstances propres à chaque décision.

Règle de voteMajorité exigéeVoix prises en compteExemples fréquentsPasserelle possible
Article 24Majorité des voix expriméesPrésents, représentés et votants admis ; les absents non représentés ne sont pas comptésBudget, comptes, conseil syndical, gestion courantePas nécessaire : seuil le plus accessible
Article 25Majorité des voix de tous les copropriétairesTotal des tantièmes de la copropriétéTravaux affectant les parties communes, autorisations individuelles, équipementsVers l’article 24 si au moins un tiers des voix de tous est atteint
Article 26Majorité des membres représentant au moins deux tiers des voixNombre de copropriétaires et total des tantièmesDécisions majeures sur les parties communes ou le règlementVers l’article 25 sous conditions légales

Pourquoi le taux de participation change tout

Dans une petite copropriété de 8 copropriétaires, l’absence de deux personnes peut suffire à rendre l’article 26 très difficile à atteindre. Dans une grande résidence de 100 lots, les tantièmes détenus par les absents peuvent empêcher une décision relevant de l’article 25, même si une large majorité des participants soutient le projet. La mobilisation constitue donc un levier concret de gouvernance.

Un conseil syndical actif peut favoriser cette mobilisation en expliquant les enjeux en amont, en rappelant les dates limites de vote par correspondance et en encourageant les copropriétaires indisponibles à donner pouvoir à une personne de confiance. Le syndic, de son côté, doit transmettre une convocation complète dans les délais légaux, avec les documents nécessaires à une décision éclairée.

Attention aux erreurs de qualification

La principale difficulté ne réside pas seulement dans le calcul des voix, mais dans le choix de l’article applicable. Soumettre une résolution à l’article 24 alors qu’elle relève de l’article 25 ou 26 peut entraîner une contestation judiciaire. À l’inverse, appliquer une majorité trop élevée peut bloquer inutilement une opération utile à l’immeuble.

Avant de voter des travaux, une vente de partie commune, une modification du règlement ou une installation technique, il est conseillé de vérifier le fondement légal de la résolution. La qualification doit apparaître dans la convocation, avec une formulation suffisamment précise pour que chaque copropriétaire mesure la portée de son vote.

Cas pratiques : travaux, équipements et modifications du règlement

Les situations concrètes permettent de mieux comprendre les majorités en AG. Il faut néanmoins éviter les raccourcis : le même type de projet peut relever d’une majorité différente selon son objectif, son ampleur, son financement, les clauses du règlement de copropriété et les textes applicables. En cas d’enjeu financier important, une vérification juridique préalable est toujours recommandée.

Ravalement, toiture et rénovation énergétique

Les travaux nécessaires à la conservation de l’immeuble, comme une réparation urgente de toiture, un ravalement imposé par la sécurité ou le remplacement d’une canalisation défectueuse, relèvent souvent de l’article 24. Il s’agit de préserver le bâtiment et d’assurer son bon fonctionnement. Les travaux d’amélioration énergétique peuvent aussi bénéficier de règles favorisant leur adoption, notamment lorsqu’ils permettent de réduire durablement les consommations collectives.

Pour maximiser les chances de vote, il est utile de présenter plusieurs devis comparables, un calendrier prévisionnel, les aides éventuelles, l’impact estimé sur les charges et les modalités de financement. Une rénovation énergétique de 150 000 euros ne sera pas comprise de la même façon si elle est présentée comme une dépense brute ou si elle est accompagnée d’une estimation des économies, des subventions mobilisables et de l’échelonnement des appels de fonds.

Installation d’une borne de recharge ou d’un équipement collectif

La mobilité électrique, le contrôle d’accès, la vidéosurveillance, les boîtes à colis ou les systèmes de fermeture connectés soulèvent régulièrement des questions de majorité. L’installation d’un équipement collectif peut relever de l’article 25 selon sa nature et son impact sur les parties communes. Le « droit à la prise » permet par ailleurs à un copropriétaire de demander l’installation d’une solution de recharge individuelle sous certaines conditions, selon une procédure distincte.

Avant le vote, la résolution devrait préciser l’emplacement, les travaux de raccordement, la puissance disponible, le prestataire, les responsabilités de maintenance, le financement et la répartition des coûts. Une formulation vague du type « installation de bornes électriques » est insuffisante pour sécuriser un engagement significatif. Plus le projet est précis, moins les risques de contestation ou de dépassement budgétaire sont élevés.

Vente d’une partie commune et modification du règlement

La cession d’une portion de couloir, d’une loge, d’une cour ou d’un local commun peut modifier les droits de tous. Elle nécessite souvent l’article 26, voire l’unanimité lorsque l’opération porte atteinte à la destination de l’immeuble ou aux droits des copropriétaires. Le prix de vente ne doit pas être le seul critère : il faut étudier les conséquences sur la circulation, la sécurité, l’entretien, les charges et les tantièmes.

Le règlement de copropriété doit également être mis à jour si la consistance des lots ou des parties communes évolue. L’intervention d’un géomètre, d’un notaire et parfois d’un avocat est alors nécessaire. Anticiper ces frais évite qu’une opération apparemment rentable devienne décevante pour la copropriété après prise en compte des études, actes, publications et travaux induits.

Préparer, voter et contester une résolution en toute sécurité

La réussite d’une AG ne dépend pas uniquement du jour du vote. Elle se prépare plusieurs semaines en amont. Une bonne organisation réduit les incompréhensions, limite les absences et sécurise les décisions. Pour les projets sensibles, le conseil syndical a un rôle de relais essentiel entre le syndic, les entreprises et les copropriétaires.

Avant l’assemblée générale : construire un dossier clair

Chaque résolution doit être rédigée de manière intelligible. Elle doit indiquer l’objet de la décision, la majorité applicable, le montant ou le plafond de dépenses lorsque cela est pertinent, les devis retenus, les modalités de financement et les éventuelles délégations accordées au syndic. Les annexes doivent être disponibles avec la convocation conformément aux règles en vigueur.

  • Comparer les devis sur des prestations réellement équivalentes.
  • Identifier les dépenses annexes : maîtrise d’œuvre, assurance, diagnostic, frais bancaires ou honoraires.
  • Prévoir un échéancier d’appels de fonds réaliste.
  • Expliquer les conséquences d’un report de travaux nécessaires.
  • Vérifier la majorité applicable avant l’envoi de la convocation.

Pour un projet de grande ampleur, une réunion d’information non décisionnelle peut être utile. Elle permet de répondre aux questions techniques avant l’AG et d’éviter que les débats se transforment en discussions improvisées. Cette démarche améliore souvent le taux de participation et la qualité des votes exprimés.

Pendant et après le vote : contrôler le procès-verbal

Le procès-verbal doit mentionner le texte des décisions, leur résultat, les noms des copropriétaires opposants ou abstentionnistes selon les cas et le nombre de voix obtenu. Il doit être notifié aux copropriétaires défaillants ou opposants dans les formes prévues. Cette notification fait courir le délai de contestation pour les personnes habilitées à agir.

Un copropriétaire qui estime qu’une résolution est irrégulière ne doit pas attendre. La contestation d’une décision d’assemblée générale est encadrée par un délai légal, généralement de deux mois à compter de la notification du procès-verbal pour les copropriétaires opposants ou défaillants. L’action relève du tribunal judiciaire. Avant toute procédure, il est conseillé de réunir la convocation, les annexes, le procès-verbal, les échanges utiles et, si nécessaire, de consulter un avocat compétent en droit immobilier.

Le rôle du syndic et du conseil syndical

Le syndic organise l’AG, adresse les convocations, établit la feuille de présence, conduit les opérations de vote et exécute les décisions adoptées. Le conseil syndical contrôle et assiste le syndic ; il peut notamment examiner les devis, demander des documents, alerter sur les incohérences et communiquer avec les copropriétaires. Une collaboration constructive entre ces deux acteurs est particulièrement importante pour les résolutions relevant des articles 25 et 26.

Pour les copropriétaires, l’enjeu est de ne pas découvrir les dossiers le soir de l’AG. Consulter les documents, poser des questions, vérifier les majorités et participer au vote sont les moyens les plus efficaces de défendre ses intérêts tout en contribuant à la bonne gestion du patrimoine collectif.

Conclusion : choisir la bonne majorité pour faire avancer la copropriété

Les articles 24, 25 et 26 organisent une gradation logique des décisions en copropriété. L’article 24 facilite la gestion courante grâce à la majorité des voix exprimées. L’article 25 impose la majorité absolue pour les projets plus engageants, tout en prévoyant une passerelle vers l’article 24 lorsque le soutien est suffisant. L’article 26 protège les décisions les plus structurantes par une double majorité tenant compte à la fois du nombre de copropriétaires et des tantièmes détenus.

Dans tous les cas, une résolution bien préparée a davantage de chances d’être adoptée et moins de risques d’être contestée. Il convient d’identifier le fondement juridique exact, de fournir des informations financières et techniques complètes, puis de mobiliser les copropriétaires avant l’assemblée générale. Pour un projet de travaux, une vente de partie commune ou une modification du règlement de copropriété, l’accompagnement d’un syndic rigoureux et de professionnels qualifiés sécurise les choix collectifs. Sur rocheimmo.com, retrouvez d’autres conseils pour mieux comprendre les règles de copropriété et valoriser durablement votre bien immobilier.

À retenir

  • L’article 24 se calcule sur les voix exprimées des copropriétaires participant au vote, ce qui en fait la majorité de référence pour la gestion courante.
  • L’article 25 exige plus de la moitié de tous les tantièmes, mais un second vote à l’article 24 peut être possible si le projet atteint au moins un tiers des voix de la copropriété.
  • L’article 26 impose simultanément la majorité des copropriétaires en nombre et les deux tiers des tantièmes pour les décisions les plus importantes.
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